La balade de l'idiote : lettring

Publié le par nobody's listening

Il y a les échos dans le fond du couloir. Du vent à la recherche de son souffle. Et l'idiote en plein milieu des courants d'air qui cherche quel son est à qui. On lui balaye les cheveux à coups de décolorant. La javel jusque dans les pointes.

Le chat est passé par là ça ne fait aucun doute. Quand à savoir quelle destination il a prise c'est une autre histoire. Les portes s'enfilent les uns aux autres. Pas de nom sur l'étiquette pour dire qui est qui. Alors c'est la surprise. Le mystère absolu à chaque étape.

Sais-tu seulement ce que tu veux ? Sais-tu seulement ce que tu fais ici ?

Il n'y a que du silence et à l'occasion quelques échos perdus qui s'abandonnent sur les murs. Pas de trace, jamais. Rien n'abîme un mur. A part peut-être les lance-rockets. Mais ça aussi c'est une autre histoire. Et l'idiote n'en a pas. 

Tout ce qu'elle a c'est un crayon dans une main et de la musique dans les oreilles. Elle a mal au corps l'idiote. Coeur défaillant a rendu les armes depuis longtemps rendant les fonctions vitales à l'estomac.

Elle a essayé de couvrir l'épiderme des cris qu'elle ne pouvait plus contenir. Et qu'est-ce qu'on est censé en faire de toute cette colère ? Le doute se transforme en ressentiment, le ressentiment en colère et la colère en haine. Après il n'y a pas de mot. Et quand l'idiote s'en rendra compte, sans doute qu'elle se plantera son stylo dans la gorge.

Elle en a mis partout. Méticuleusement. Bras, mains, jambes, ventre. Elle a essayé sur la langue mais ça ne marche pas bien. Maintenant, il faudrait s'attaquer aux murs. Mais un mur peut en cacher un autre. Alors elle joue à cache-cache avec les impasses.

Jusqu'à l'horreur finale. Quand la musique s'arrête les oreilles de bourdonnent même pas. Il n'y a que le silence. Et ces putains d'échos sans nom, ces noms sans propriétaire et ces propriétaires sans identité. Alors dis nous idiote qui tu es. Personne ne sait ici. Personne ne veut savoir. On va te coller un rôle bien comme il faut. Avec les répliques préécrites. Eternellement le même rôle toute ta vie. Et les mots sur ta peau on les effacera. Au karsher on te les arrachera. Les muscles à vif qu'on sache bien à chaque seconde où ça fait mal.  Pas pour autant qu'on changera quelque chose. Tout ça c'est juste une question de pouvoir. Savoir qui contrôle qui. Et toi t'as perdu la partie.

 

L'idiote est morte. On ne sait pas exactement quand. On a juste retrouvé son corps abandonné. Tous les mots qu'elle avait tracés avec insistance avaient été raturés. Tous sans exception. Plus rien n'était lisible.

A quelques mètres d'elle, le stylo brisé, l'encre répandue sur le sol. L'idiote elle voulait être des mots et tellement plus. Au final elle ne sera qu'une image. Une image qu'on oubliera à peine les éboueurs passés.

 

 

 

C'est pas celui que j'ai écrit sur ma jambe --" celui là il s'est effacé dans la journée...

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