J'ai le deuil colérique.

Publié le par nobody's listening

Sécheresse.

Sécheresse éponyme.

Les vautours sont de sortie.

La foire à l'empoigne peut commencer. 

Et on a même pas fermé la boîte.

Le silence dégouline des murs. 

Ils s'épongent en larmoiments incessants.

La machine à café ne rend pas la monnaie.

La fontaine fonctionne bel et bien.

De la flotte plein les dalles.

Et j'ai piqué du sucre.

Enfoui dans le fond de ma poche

à côté du mp3.

Pourquoi ai-je l'impression d'être si seule

au milieu de la multitude détrempée ?

Condition d'utilisation non respectée.

Mise au ban.

Respiration en contingü.

C'est pas si grave dans le fond.

Pas si grave.

Les vautours tournent et s'entrarrachent les plumes. 

La voix rocailleuse

je cherche une explication

au simulacre qu'on m'a forcée à rejoindre.

Je ne comprends pas les règles,

ni le sens. 

Je suis seule en silence.

Je tourne en boucle chansons après chansons.

Je tourne en dérision. 

A deux nous refusons le cirque continu

et finalement nous retrouvons isolé

sur la terrasse à la décoration "neutre".

"Ce doit être un endroit reposant vous comprennez."

Non nous ne comprenons pas.

Pourquoi murmurer ?

Risquons-nous de réveiller le mort si seulement nous nous mouchons trop fort ?

Alors mon frère m'explique les règles

de l'apocalypse zombie.

On ne sait jamais comprenez-vous ? 

 

Les mains d'une tante tremblent.

On dirait qu'elle va se briser les os. 

Les larmes sont lourdes. 

Entre deux soupirs elle nous regarde

"ce n'est que le début"

Mais nous le savions déjà.

Les vautours sont insatiables. 

 

Marcher encore.

Donner l'impression que tout est cadré précisément

alors que c'est un foutoir sans nom

qui ne ressemble même pas à l'homme

à qui on est sensé rendre hommage. 

Savent-ils seulement qu'un bouquet - bulle n'est pas fait

pour être trimballé d'un bout à l'autre du cimetière ?

"Ils savent même pas où ils doivent l'enterrer"

Cette bande de cons. 

Des roses des roses des roses.

Même pas belles. 

Même

pas 

belles.

Quand lui et sa femme ont passé près de cinquante ans à en faire pousser partout

partout

ensemble

partout emsemble

je trouve cela le plus grand affront possible. 

Et d'un coup je les déteste eux aussi.

C'est sensé être leur boulot.

On les a payé pour.

Payé pour...

ça ???

Ca ne ressemble pas à l'homme dans la boîte. 

Ca ne ressemble pas à l'homme sur la photo.

Et la photo ils allaient même pas la rendre.

Qu'est-ce qu'ils en auraient fait de la photo hein ?

Hein bordel ils en auraient fait quoi ?

Qu'est-ce qu'ils en auraient fait de cette putain de photo ?

Ils s'en foutent.

 

"Dites lui au revoir comme il vous conviendra"

"Vous allez pas le laisser partir comme ça."

Mais il est déjà parti. 

Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas le sens de tout ça. 

 

Alors mon frère a décidé de faire un vitrail

juste pour faire chier les cousins

qui nous ont pas demandé de participer 

pour la plaque "à notre grand-père".

Et on ira acheter des fleurs,

des vraies des belles,

et on les mettra dans un pot kitsch au possible,

un cygne ou un âne.

Et les vautours n'auront qu'à aller se faire foutre. 

 

Si j'ai pleuré,

c'était plus de colère, que de tristesse. 

Publié dans Les aiguilles en moins

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Haku 08/03/2012 19:26

Savoir comment ça c'était passé...

nobody's listening 08/03/2012 20:31



Ah oui... Compliqué. Ca a été fait à l'arrache. Il a fallu que ma mère insiste pour qu'il y ait des chansons qui soient passées et des textes de lus, puis un goûter à la maison pour finir sur du
vivant. Pour couronner le tout les mecs des pompes funèbres étaient franchement craignos... 



Haku 08/03/2012 15:34

Voilà qui répond à mes questions. Parfois les choses ont plus de sens, mais c'est quand même souvent comme ça...

nobody's listening 08/03/2012 18:59



Qui répond à quelles questions ?