Votre plus grande ambition ?

Publié le par nobody's listening

 

 

Moi je serai immortel.

 

Rien de mieux à mon avis. Regarder le temps passer, les gens vieillir et les arbres pousser surtout ! Oh oui, regarder les arbres pousser.... C'est tellement beau un arbre qui grandit. Mais comme ça prend du temps, on ne se rend pas compte. Alors il faut passer de longues heures à compter la moindre feuille, le moindre branchage.... Au final, c'est bien plus intéressant que de compter les moutons. Un mouton c'est con. Et comme il n'y a rien qui ressemble plus à un mouton qu'un autre mouton, ça ne sert pas à grand chose au final. On s'embrouille et on ne sait plus où on en est. Et le pire c'est qu'ils se reproduisent, et qu'ils meurent aussi. Alors ça varie la done. Et c'est infernal au final. Ca revient au même au final. C'est à dire à pas grand chose. Alors il y en a qui trichent, ils prennent leur jolie petite tondeuse (pour les plus équipées, sinon ils y vont aux ciseaux) et taillent des numéros dans les manteaux de laine des ovidés. Mais c'est tricher. Et tricher n'est pas sport. Et moi je suis très sport. Alors je jettes les loups aux trousses des moutons et s'en sortiront les plus forts. Ca fera ça de moins à compter. Une bonne chose de faite.

Non les arbres c'est vraiment le mieux. C'est un peu le must du must. Ce qu'il faut voir, ce qu'il faut avoir, ce qu'il faut savoir. Je tiens un cahier dans lequel je note très précisément l'évolution quotidienne des choses. J'ai essayé avec l'herbe, mais ça marche moins bien. C'est trop infime l'herbe. Et puis, les résultats sont faussés. Ils passent leur temps à la tondre. Oui comme les moutons, mais c'est plus dur d'inscrire les numéros sur un brin d'herbe. Et puis il y a toujours ces foutus mômes qui courent dedans et la plient de partout, les grands cons qui jouent au ballon, les courses de skate.... Il y a trop d'interférence pour pouvoir faire quelque chose de correct.

Les arbres il n'y a que ça de vrai.... C'est grand, c'est beau, c'est infini. Ca s'étire vers le ciel, plante ses racines profondément dans le sol, goûte à la pluie et danse au rythme du vent. Les arbres c'est tellement beau que je passe mes journées entières à les contempler. Sous toutes les coutures je les dévisage. Je me dis qu'un jour je les raconterai, tous ces arbres si seuls au milieu de toute cette agitation. Ils n'ont peur de rien les arbres. Ils sont grands, ils sont fiers, ils sont beaux. Ils sont l'oxygène et je m'abreuve à satiété. Je les dévore du regard et de la mémoire. Je voudrais tout garder intact sans rien déformer. Je dors à poings fermés sachant qu'ils sont là pour veiller au grain.

Et puis un matin, à mon réveil, il n'y avait plus d'arbre. Plus rien. Des troncs calcinés, des troncs arrachés, des troncs brisés, des troncs comme s'il n'avait jamais existé d'arbres. Je n'ai pas pleuré. J'ai ramassé mon sac, il ne contenait que les cahiers dans lesquels j'avais soigneusement noté durant toutes ces années, l'évolution des arbres. Je suis sorti et je suis allé raconter les arbres au monde. Comme je leur avais promis.

 

Et quand tout le monde saura, je mourrai sans poser de questions....

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Haku 23/04/2011 08:12


C'est beau dis donc. Ca fait aussi très "trip sous extasy" selon le point de vue, mais j'aime bien...


nobody's listening 23/04/2011 13:22



ça doit être la résine de pin ! ça lui est monté à la tête.... merci à toi ^^