Tic tac once again

Publié le par nobody's listening

 

 


 

La femme pendule elle a toutes les heures du monde inscrites en elle. Elle a tout entendu et elle a tout retenu. Jusqu'au plus petit fragment. Alors de minutes en minutes la moindre seconde lui pèse. Et parce qu'on a trop souvent tendance à sous-estimer l'impact de la petite aiguille, elle ressent même la moindre onde de choc.

 

La femme pendule elle a toutes les heures du monde inscrites sur la peau. A chaque événement, petit ou grand, insignifiant ou bouleversant, un nouveau cadran pose sa marque. Et bien qu'il n'y ait plus la moindre place de libre les heures continuent de laisser leur trace. Elle ne se souvient plus de la couleur de sa peau, de comment c'était au début. Il y a tellement d'autres choses à retenir. Par moment elle fait l'inventaire. Devant les grands miroirs de l'indifférence, elle s'examine sous toutes les cadrans. Elle se dit que quelque part il doit bien y avoir son heure à elle. Il lui faut toujours se rendre à l'évidence que son épiderme ne prédit aucun avenir. Et Nostradamus qui ne veut rien lui dire...

 

La femme pendule elle a toutes les heures du monde inscrites dans ses larmes. La douleur se diffuse. Il y a toujours un peu plus de poids à porter. Les vieilles horloges ne s'effacent pas. Elles se cachent juste derrière les plus jeunes. La carcasse s'allourdit, les mains ne s'accrochent plus à rien. Ses nerfs se tendent un peu plus à chaque heure qui la dépasse. Il arrive toujours quelque chose à quelqu'un quelque part. Toujours. Et il faut bien quelqu'un pour s'en souvenir. Encyclopédie vivante d'un savoir dont personne ne veut. Elle dit c'est mieux que rien. Et puis des fois elle se dit que comme ça elle est un peu dans la vie de tout le monde. Alors pour quelques secondes, elle peut passer outre le bruit des aiguilles et s'endormir... jusqu'à la prochaine heure.

 

Comme si un jour quelqu'un quelque part avait tenté quelque chose....

Publié dans Musicale approximative

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