Les échos et les habituels dégâts colatéraux

Publié le par nobody's listening

Il faut pas pleurer Pandore, hein il faut pas pleurer...

C'est pas de ton âge, c'est toujours pas de ton âge, c'est vraiment pas de ton âge.

On voit les larmes geler sur tes joues.

On voit les cris frémir dans ta gorge, les cordes vocales presque à s'en casser.

Il faut pas pleurer Pandore.

Parce que si tu pleures on va demander pourquoi.

Et tu n'auras pas de réponse à donner car de pourquoi il n'y a pas.

C'est juste l'échos.

L'échos qui fait mal à chaque fois qu'il se prend dans tes tympans.

L'échos qui ne veut pas mourir.

Et les larmes s'accumulent, la boîte s'innonde.

Mais faut pas pleurer Pandore.

Faut pas pleurer.

Surtout.

 

Le sang...

Le sang c'est mieux.

C'est mieux hein ?

On demande pas pourquoi le sang.

Ca paraît trop gros trop incompréhensible pour oser demander pourquoi.

On sait que même si on explique on peut pas comprendre.

On demande pas pourquoi le sang.

On demande comment.

Si ça fait mal.

Avec quoi.

Et les hémorragies.

On pense pas aux infections alors que toi Pandore tu penses plus qu'à ça.

Ta propre mort qui n'est plus qu'un dégât colatéral.

On regarde on prend des notes et on met des trémolos.

Et toi Pandore, tu fais tout pour pas pleurer.

 

Pleure pas putain pleure pas.

Tu le vois déjà dans ses yeux, ce putain de pourquoi.

"C'est ma faute ?" "J'ai dit quelque chose ?"

Alors que toi y a déjà longtemps que t'es plus là.

T'es coincée avec les éc hos.

Les échos dans la boîtes.

Les tympans en sang et les yeux plein de larmes désormais interdites.

Va pleurer plus loin et en silence.

Quand la nuit sera tombée.

Oui, quand la nuit sera là, mais plus eux.

Mais surtout, pleure pas.

Publié dans Chronique du vide

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