Le téléphone arabe maintenant sans fil.

Publié le par nobody's listening

"Moi j'y crois pas ! Absolument pas ! Pas du tout !

_Fais nous la liste de ce en quoi tu crois on ira quand même plus vite.

_A la peste et au choléras ! Ca c'est des vraies choses ! Des choses bien comme autrefois. Pas comme cette saloperie !

_Laquelle ?

_Quoi laquelle ?

_C'est pas les saloperies qui manquent. Alors laquelle.

_Tu sais bien.

_Non dis.

_Si tu sais.

_Oui mais c'est pas drôle si tu le dis pas.

_Le mensonge.

_Oh. Ca ?

_Et quoi d'autre ???

_Mais tu es le champion des menteurs !

_C'est faux ! Totalement faux ! Il n'y a pas sur cette Terre Homme moins menteur que moi.

_C'est parce que selon ta définition il n'y a aucun Homme sur Terre.

_Là n'est pas la question !

_Là est toute la question. Où tu veux la mettre toi ?

_Au fait que lui il mente, que lui c'est pas vrai.

_Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

_Qu'est-ce qui me ferait dire le contraire ? Je devrais m'amolir ?

_Tu risques d'avoir du mal à durcir c'est sur.

_Là n'est pas la question non plus.

_A ce rythme là il ne va plus y avoir de question du tout.

_Ca vaut peut-être mieux.

_Pourquoi ça ?

_Parce que si ce n'est que pour avoir des réponses faussées autant ne pas avoir de réponse du tout.

_Pas d'accord. Une réponse, même faussée contient un début de réponse, parce que si tu sais qu'elle est faussée il te suffit de remonter le fil en défaisant les noeuds et tu auras ta réponse.

_Et si je me trompais ?

_Alors tu serais comme tous les autres. Tu intégrerais une fausse information que tu redistriburais au premier crétin passant par là.

_Comme toi ?

_En quelque sorte.

_Alors je t'aurais déjà donné l'information faussée ?

_Je pense. C'était quoi l'introduction de cette conversation ?

_C'est un menteur.

_Ah. Oui.

_Fil, noeud. Débrouille toi. Moi je pense acheter une paire de ciseaux. Ca ira sans doute plus vite....

_Même si à la fin tu te retrouves sans personne au bout du fil ?

_Y a-t-il déjà eu quelqu'un au bout du fil ?

_Ca je ne sais pas.

_Alors toi aussi tu es un menteur. Si demain tu te réveilles avec une paire de ciseaux entre les deux yeux tu sauras qui c'est.

_Menteur.

_Pardon ?

_Si tu me mets une paire de ciseaux entre les deux yeux, je ne me réveillerai pas."

 

Les deux restèrent ainsi silencieux à la table du café. Les ciseaux étaient là, posés entre eux. Précisément en plein centre de la table. Comme à l'origine de toute chose. A partir de ce moment, c'était le jeu du foulard, version adulte. Il s'agissait de s'en saisir avant l'autre. Et celui qui aurait le ciseau aurait la réponse. La véritable réponse.

 

Il était peut-être un peu tard pour leur dire, que le ciseau lui même avait du jeu et que sa trajectoire s'en trouvait à chaque fois quelque peu faussée....

Publié dans Chronique du vide

Commenter cet article