Le pudding à l'arsenic, une recette familiale qui ravira petits et grands.

Publié le par nobody's listening

Les conventions sociales.... C'est lourd, c'est très lourd. J'aurais presque envie de dire qu'elles pèsent sur l'individu jusqu'à le broyer complètement. Mais paraît que c'est être particulièrement défaitiste pessimiste et autre.

 

Et il n'y a sans doute pas d'instance sociale plus oppressive que la famille.

L'école me direz-vous ? Ca s'évite aisément, et ce n'est pas éternel.

Le travail ? La même.

Les amis ? Après tout vous les choisissez.

 

Mais la famille, vas-y pour t'en débarrasser. Impossible. Ca reste bien accrochées ces bêtes là. Et je pense jusque là n'avoir jamais croisé personne capable de dire qu'il n'a jamais été écrasé par les conventions qui régissait sa propre famille. Tous un jour ou l'autre on se dit que ce n'est pas jouable. Après oui, certains, beaucoup je pense, réussissent à trouver des solutions pour que ça marche. Il semblerait que la mienne n'en fasse pas partie.

 

C'est amusant. On pourrait m'appeler Cassandre. Parce que ce qu'aujourd'hui tout le monde constate et reconnaît plus ou moins à haute voix, je l'avais pressenti y a déjà plus de six ans. Mais à l'époque on m'a dit que j'étais ado et que j'affabulais. Pourquoi pas. Mais les années passaient et je voyais ces gens auxquels je tenais se mécaniser, se robotiser. Je voyais les sourires se figer, se crisper de plus en plus. Les non dits s'accumulaient, les colères, les regrets, les douleurs. Et personne ne disait rien. Il fallait continuer de se voir parce qu'on est une famille et il fallait continuer à faire semblant d'être heureux pendant ces grands repas parce que comment pourriez-vous ne pas être heureux alors que tous ces gens sont votre famille et que par définition ils vous aiment ? La réponse est que justement : ils vous aiment par définition. La personne derrière la définition disparaît, il ne reste qu'une exigence sociale.

 

Au fil des années j'ai ainsi vu l'hypocrisie devenir règle d'or dans ma famille. Mais même l'hypocrisie a ses limites. Alors à force de non dits les gens sont devenus irrascibles. Chacun se rejetant la faute. Les repas se sont espacés mais on continuait d'en faire. Parce qu'il faut. Aujourd'hui, ils n'ont plus rien à se dire. Et pourtant, quand l'un lance une invitation à se réunir, ils répondent tous présents. Convention sociale oblige. Ils ne sont plus que fantômes d'eux même, jouant les rôles que les années leur ont assignés afin que ce petit monde auquel ils tiennent n'explosent pas en morceaux.

 

Personne ne veut comprendre que ce n'est la faute de personne en particulier et que si on voulait réparer on pourrait, on pourrait encore. Suffirait juste de bonne volonté et on pourrait retrouver les vrais rires d'avant. Pas ceux là qui sentent la rouille à chaque fois qu'on arrive enfin à les cracher.

 

Mais non. Il faut un coupable. Il faut toujours un coupable. Mais personne n'est d'accord sur le nom de la personne à guillotiner. Alors on entretient les rancunes.

 

Et vous savez quoi ? Tout le monde souffre. Ces gens deviennent détestable.... Mais c'est même pas leur nature. Pris individuellement, ils restent des personnes formidables. C'est ça le pire.... Ce sont des gens géniaux qui s'enferment dans une spirale qui les brisent, les broient parce qu'ils ne se voient pas vivre sans. Et tout le monde souffre.

 

Même moi. J'ai passé ces dernières années à m'extirper de ce bourbier parce que je ne voulais pas accepter le rôle qu'on voulait me refiler. J'aurais jamais pensé réussir aussi bien. Il semblerait qu'on ait rayé jusqu'à ma date d'anniversaire des calendriers. Je sais plus vraiment maintenant. On dirait qu'il n'y a pas de juste milieu entre être enfermé à en étouffer là dedans, et n'avoir qu'une existence inconsistente dans leur monde.

 

Je vois mon père toujours un peu démoli de voir ce avec quoi il a grandi disparaître. Et pourtant, cette année, c'est son tour d'accueillir le réveillon de Noël. Et il va le faire. Même si ça le bouffe.

 

"Tu comprends je veux pas être celui qu'on rejette. C'est pas une position facile.

_Parce que là c'est facile ? Là c'est easy go ?"

 

Un silence, un rire gené, une blague, une diversion et un bredouillement de justification. Et ça me rend triste pour lui. Pour ma mère qui doit suivre, qui elle même a fait le choix dans sa famille de mettre les pieds dans le plat et du coup d'être rejetée il y a de ça des années. Je lui ai bien proposée de faire un réveillon à thème Battle Royal, on leur distribue des armes au hasard et il ne doit en reste qu'un. Elle a dit que ça allait tâcher les murs et qu'elle avait refait les peintures cet été alors c'est pas top. Mais s'ils font chier ça sera le grand coup de poêle dans la tête puis c'est tout.

 

De mon côté, je cherche quelqu'un pouvant m'offrir l'asile politique pour le 24 décembre au soir.... Je fais la vaisselle et je peux dormir dans le local poubelle sans problème (merci juste de me laisser un peu d'eau ça serait gentil). Sinon tant pis, mon réveillon jle ferai au macdo.

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Alf 24/10/2011 13:28


C'est tellement vrai, ce que tu écris.
Je crois qu'il n'y a rien à dire de plus :/


Nyan Cat 24/10/2011 00:13


Viens chez moi : D