Laver plus blanc que blanc

Publié le par nobody's listening

Tournent les vies tournent et s'en vont,

Tournent les violons....

                                         et le tambour de la machine à laver.

 

Les aiguilles ont tourné semble-t-il, j'avais pas vraiment fait gaffe. Je devais regarder ailleurs sans doute. Du côté du mur peut-être.

Il y a des gens qui passent. Enfin, ils restent plus ou moins longtemps dirons nous.

 

Trouver le bon réglage, le bon dosage, le nombre de pièces et lancer la machine. Compter 35 minutes avant de devoir se battre pour un sèche-linge.

 

Finir le livre pour demain, faire la liste des recherches à faire, toujours pour demain, se rendre compte que ça fait beaucoup, beaucoup trop. Regarder sa montre et oh putain déjà ?

 

"Mademoiselle pourquoi ma machine elle s'ouvre pas ?"

 

Le bouton avec la clé.

Faudrait toujours un bouton avec une clé pour savoir à tout moment où se trouve la sortie.

Faudrait aussi le bip d'alarme pour qu'on sache quand c'est le moment de sortir puisqu'on a jamais l'instinct de survie parfait.

 

Se dire que ce livre est vraiment chiant. Se demander pourquoi faut encore et toujours se manger des classiques. Se répondre qu'il vaut mieux garder ça pour soi parce que sinon on va se faire lyncher par une armée d'universitaire en lunettes et pellicules. Se rendre compte qu'on parle seul.

 

"Echecuzé moa, cha veut dire quoua ça ?"

 

Des moments décalés à essayer de briser la barrière de la langue. Réussir à grand peine à donner une explication satisfaisante. Bien se marrer quand même. Finir en mime. Rajouter à sa liste "regarder la traduction du mot "infroissable" en russe".

 

La machine qui menace d'exploser on ne sait pourquoi. Mais finalement ça explose même pas. Ceci n'est pas drôle. Transférer le contenu des deux machines dans deux sèche-linges. Ca non plus c'est vraiment pas drôle. Vérifier quinze fois qu'aucune chaussette ne s'est perdu en cours de route. Et on recommence le trifouillage de boutons.

 

Finir le livre. Enfin. Lui jeter un regard de mépris. Etre persuadé qu'il nous nargue en répondant "faudra me relire après la représentation pour faire un bon dossier sinon c'est dans ta gueule parce qu'elle t'attend au tournant." L'ignorer ça vaut mieux.

 

"Excusez moi, vous savez comment ça marche ?"

 

Si on considère que je sais où mettre le linge, la lessive (après avoir vérifié quinze fois sur le schémas), les pièces, la réponse doit sans doute être positive.

 

Le portable qui vibre. Un poisson rouge à l'autre bout. Raconter nos merdes respectives. "Le tout en apné ? _ouai _appelle le guiness book" Se sentir soutenu quand même. Ressortir les mêmes répliques. Organiser le week-end. Enfin un arrêt dans le temps. Le portable décrète arbitrairement ne plus avoir de batterie. Au revoir on se rappelle quand on peut... trouver une faille dans le continum spatio-temporel.

 

Pas sec. Remettre deux euros. Pourquoi c'est pas sec. Parce que. Et pourquoi ça fait ce bruit bizarre ? Parce que. Ok merci.

 

Rester hypnotisée devant les tambours de sèche-linge qui tourne. Essayer d'estimer si ce sont mes fringues qui tournent plus vite ou les siens. Se rendre qu'on voit totalement flou. Se rendre compte qu'on a mal à la tête, aux yeux, au dos, à l'estomac.

 

Sortir un autre livre. A finir pour mercredi.

 

Essayer de calculer combien de temps il faut à un geek branché sur sa DS pour se rendre compte que sa machine est finie. 11 minutes.

 

Ranger les vêtements, refaire les sacs, les ramener, remonter les escaliers, tout jeter en vrac avant de se jeter en vrac et d'attendre la fin de la chanson. Puis de celle d'après aussi. Et celle d'encore après aussi. Tant qu'on y est.

 

Entendre le téléphone sonner. Il a oublié ses clés. Brancher l'ordinateur et lancer les recherches prévues.

Ca fera une journée de moins. Mais y a même pas de calendrier pour le barrer.

 

Tournent les vies tournent et s'en vont,

Tournent les violons....

                                         et le tambour de la machine à laver.

Publié dans Entre deux.

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