La vie cachée des personnages sans vie

Publié le par nobody's listening

 

 

 

Le marchand de sable a été renvoyé. On ne sait pas trop pourquoi. Sans doute parce que le sable dans les yeux ça pique. Ca gratte. Après pour fermer les paupières c'est franchement pas commode. Et puis c'est la crise, tous les secteurs finissent pas être touchés. Y a pas de raison.

Pas de parachute doré pour le marchand de sable. Pas d'actions en banque. Pas de trésor sous le matelas. De toute façon, que ferait-il d'un matelas ? Le marchand de sable lui, il dort pas. C'est la faute au décalage horaire, y a toujours quelqu'un qui attend. Le marchand de sable il vit en jet lag continuel.

Mais plus maintenant. Fini les voyages fini les rêves fini les poudres d'escampette.... Le marchand de sable est au chômage, comme tout le monde comme les grands. Quand il arrive au pôle emploi, on lui demande ses qualifications. Mais le marchand de sable n'a pas de diplôme, quand il a commencé à exercer y avait pas besoin. Il a appris sur le tas et ça marchait. Le conseiller lui dit que ça va être dur. Il est trop vieux il a trop d'expérience il coûte trop cher. Et puis c'est un métier appelé à disparaître. Vous savez les villes ça dort jamais vraiment.

Le marchand de sable repart dépité. Il va faire quoi maintenant ? Les jours se trainent et ils les occupent difficilement. Les nuits sont encore pire. La lune est levée et les étoiles se moquent de lui. Elles sont fâchées, elles croient qu'il leur fait la gueule et qu'il est parti vers d'autres horizons où il n'a pas besoin de leur compagnie.

Alors le marchand de sable il commence à sérieusement déprimer. Personne ne se rappelle de lui et le monde continue de tourner sans lui. Pourtant il y a encore peu il se sentait si indispensable. Comment tous ces gens peuvent-ils vivre sans lui ? Comment hein comment ?

Le marchand de sable va voir un médecin qui lui prescrit des vacances et du prozak. Le prozak ça glisse tout seul et c'est planant. Il les écrase en fait de la poudre qu'il dilue dans son whysky. Ca a un goût étrange mais à nouveau les étoiles brillent.

On glisse une lettres des huissiers sous sa porte. Rappel à l'ordre.... Où il va trouver l'argent du loyer ? Il cherche il se creuse. Et si ça branche est morte, il peut toujours se recycler non ?

Alors maintenant la nuit le marchand de sable deale de la mélatonine dans les bas fonds. Ca marche bien, le commerce tourne à merveille. Les gens ont jamais entendu parler de ce truc. Les toxicos de base savent pas ce que c'est, mais ça finit en ine c'est classe ça sonne bien et la mescaline c'est décidément trop cher. Les plus avisés savent ce qu'on leur refile, et ça les arrange bien. Il est 5h, c'est ça qu'ils veulent, pas d'hésitation.

Un nuit, un mec s'installe sur le trottoir d'en face. L'homme au visage déformé vend de l'endorphine. La concurrence se fait rude. Tels des marchands de poissons, chacun arrangue la foule, vantant les mérites de sa production.... Le commerce en patit. Les consommateurs retourne à leurs habituelles adrénalines et dopamines dont on connaît les résultats avec certitude.

Les deux hommes finissent par comprendre qu'il leur faut s'unir s'ils veulent continuer à faire un minimum de chiffre. Dans un entrepôt quelque peu glauque ils fabriquent un mélange détonant. De quoi voir la vie en couleur même les yeux fermés et même daltonien. Les affaires reprennent. Mais il faut pousser le dosage...

Le marchand de sable fait des essais, expérimente et tente. Il a le cerveau noyé. Les impôts lui demandent des comptes. On parle de lui envoyer les services d'hygiène et à la pharmacie on veut plus lui vendre de mousse à raser senteur eucalyptus. Il a une tête de panda le marchand de sable.

Il marche au hasard des rues mais tient à peine debout. Il rebondit de murs en murs plus qu'il n'avance. Ca tourne en tout sens... Et puis, aller.... On relâche la pression. on laisse partir. Ca sert plus à rien. Les gens finissent toujours par aller se coucher. Les gens finissent toujours par s'endormir. Alors il s'allonge tranquillement, il ne bouge plus. Il attend simplement que ça soit son tour....

Ouai, le marchand de sable attend son tour.

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