La loi de la craie qui tombe au Moyen Orient

Publié le par nobody's listening

Ne pas répondre à leur question. Jamais. Parce que ça serait trop facile. Parce que l'élève pourrait dépasser le maître. Et puis parce que ça les oblige à rester plantés là face à toi, les yeux remplis de l'espoir fou qu'enfin tu répondes à leurs questions. 

Une dose de lyrisme, ça met de la couleur. Ca fait rêver. Parler de fleurs et de collines qui grandissent au fil de notre avancée. Tantale mais en mieux. C'est beau. C'est tellement beau que je pourrais m'écouter parler pendant des heures.

 

J'aurais aimé écrire un livre. Un beau un vrai. 

Avec une couverture en dur.

Avec des illustrations dedans.

Avec des dorures et du relief.

Avec des phrases longues.

Remplies de propositions imbriquées dans d'autres propositions elles-même encadrées de connecteurs logiques. 

Je mettrai des fruits confits à l'intérieur : de jolis mots avec au moins quatre syllabes. Je suis généreux et ne regarde pas à la lettre. 

Je ferai des virages et des détours.

Un peu de suspens.

Comme dans les thrillers au cinéma. 

D'ailleurs dans mon livre on essaira de savoir si le cinéma est un art mineur ou majeur. 

Mais ça ne sera pas un livre élitiste, ni populiste, ni volontariste, ni libéral. Ca sera autre chose et ça sera tellement moi. 

Moi qui aurais réussi à grimper tout en haut de la collines aux coquelicots. 

J'aurais réussi. On m'aura écouté jusqu'à la fin et je n'aurai pas répondu. 

Tout ça pour ne pas dire que je n'ai pas la réponse. Tout ça pour ne pas dire qu'il n'y a pas de réponse. 

 

Alors je vais faire un détour avant de répondre à leurs questions. La seule chose qu'on peut leur expliquer c'est que ce qu'ils étudient va mourir. Que tout le monde se fout de ce qu'ils travaillent. Qu'on va faire crever leur branche pour rendre l'argent à MacDo et autre Phillips. 

Alors en attendant, je fais des nuances, des détours, je vais subdiviser et donner des exemples d'exemple. Parce que dans pas longtemps, moi aussi, on s'en foutra de ce que je peux dire, et on viendra scier ma branche. 

Publié dans Entre deux.

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