Killing the hype on the dancefloor tonight

Publié le par nobody's listening

J'aime pas les hôpitaux, mais qui les aiment de toute façon ? Le blanc partout, les murs les gens les bruits les chaussures et même les odeurs. Comme si tout était déjà mort ou en agonie latente. Sauf que ça respire encore. Pour le principe, par habitude. Ou autre. 

 

Les salles d'attente c'est toutes les mêmes. Toutes toujours les mêmes. Y a des gens qui râlent sur le retard, disent que c'est toujours pareil mais changent jamais d'adresse ou n'en touchent jamais un mot au médecin. Et puis y a les affiches de pub. Enfin je crois que le mot c'est plutôt campagne de prévention. Partout pour tout. Contre la cigarette, pour les fruits et légumes, contre le sida et pour le vaccin pour la grippe, comment mettre une lentille et comment enlever un pansement. 

 

Mais celle là elle était pas pareil. Elle était vide ou presque. D'affiches, pas de gens. Ca des gens y en a toujours. A se demander comment on peut fournir autant de gens pour juste une salle d'attente. A se demander ce qu'ils attendant vraiment assis aussi sagement.

Non celle-là elle avait juste une affiche. Pour le dépistage du cancer du sein. Et dans les prospectus, y avait pas le choix, c'était juste l'affiche avec plus d'explication sur comment pourquoi où et quand se faire dépister le cancer de la mamelle. Juste les mêmes visages à l'infini. Non désolé même pas un sein à l'affut sur l'image. Pas même sous son joli soutien-gorge. 

 

Et puis y a un moment où c'est ton tour. Ca arrive généralement quand tu commençais à croire que ça serait jamais à toi et que t'allais mourir avant même de savoir de quoi. Les médecins sont tout aussi blanc que les autres. Leur voix pareil, toute blanche et toute vide. 

 

"Ca a craqué ?

_Je sais pas, j'ai juste entendu ma voix hurler "putaaaaaaaaaaaain de meeeeerde" avec toute la distinction dont je suis capable mais je doute que ce sont provenait de ma cheville."

 

A cette seconde tu perds toute crédibilité. Mais j'y suis pour rien si je me souviens de rien d'autre que de mon cri. Je ne sais pas dans quel sens cette saloperie s'est tordue. Il me reste juste "blabla - le visage de mon copain - un grand flou - l'herbe - les pizzas loin" et puis j'avais très mal. Fin de l'histoire. C'est vite raconté. C'est vite fini. C'est vite vu. Mais ça rentre pas dans les cases. 

 

Un peu comme avec la voiture où ça avait "sol - ciel - sol" et puis des douleurs bizarres même localisables et la voix qui répétaient "aïe aïe aïe" parce qu'il fallait bien occuper l'espace laisser par la conscience durant ces quelques secondes.

 

Mais comment t'expliques ça à un médecin rationnel avec ses études et puis les diplômes accrochés et encadrés sur le mur ? 

Comme ça, et puis il te regarde avec des yeux bizarres, appuie en plein là où ça fait mal, te file une ordonnance et demande son chèque. 

 

Fin de l'histoire.

La médecine et moi on était pas destinées à s'entendre. 

Publié dans Entre deux.

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