J'avais un chouette titre à la base

Publié le par nobody's listening

C'est dans des moments comme ça que je me demande quel est mon nom.
Pour être honnête je ne sais pas ce que j'en ai fait. Il doit bien être quelque part.
Par là là bas bas les pattes pattes de velours....
Bref.
 
A trop remplir le vide, on finit par ne plus savoir.
Morceaux de doutes et d'incohérence dans la pièce. L'illogisme que j'ai placardé aux murs me regarde jour et nuit. Sans doute que lui il sait. Mais il ne dira rien.
Il y a bien les restes d'angoisses dans le fond du lavabo. Mais impossible de comprendre un traitre mot. Leurs paroles n'ont ni queue ni tête. Un flot ininterrompu de viscères écoeurées. L'inutilité a pris forme...
 
Au final me voici donc à nouveau seule. A chercher ce foutu nom partout où il pourrait se trouver. Mais sans doute qu'il faudrait mieux commencer par là où il faut chercher. La logique même.
L'ignorance a un nom elle. On a bien mis des lettres dessus, on les a collées, mis une étiquette et rangé dans le placard.
Ceci dit, je n'ai pas non plus envie qu'on me range dans le placard. Je n'aime pas le placard. Lui non plus ne m'aime pas. Il recrache incessant les vieux cauchemars, toujours plus réels à chaque passage. Ils devraient perdre en force pourtant... mais non. Jamais de la vie. Et de la mort non plus. Du suicide accidentel peut-être. Un genre d'acte manqué si vous voulez.
 
Le sol est jonché d'objets plus ou moins identifiables pour un peu qu'on veuille perdre son temps à les autopsier un à un. Moi même je ne sais pas. Pourtant c'est moi qui les ai mis là. Enfin je crois. je ne me souviens pas bien. Il fallait bien remplir. Trouver un semblant d'illusion de solution. Je me shoote aux placebos. Dans les pif direct les simulacres d'antiantianti.
 
De presque-espoir, je me suis jetée dans la poubelle, me disant que puisqu'il n'était nul part ailleurs, il serait certainement là. Il ne pouvait en être autrement. J'ai tenté autant que faire se peut de me frayer un chemin entre les fragments d'oublis divers et avariés. Remonter jusqu'à la source, à la racine. Et l'arracher. En faire de la soupe parce que la soupe ça fait grandir. Parait-il.
 
Dans la poubelle il y avait aussi quantité insoupçonnables de mensonges. Dépaysant quand on y réfléchit bien. Encore faut-il avoir du temps à perdre. Et de la perte à tempérer bien sur. N'ayant ni l'un ni l'autre, je ne me suis pas attardée.
 
Il devait bien y avoir quelque part une sorte de panneau indicateur. Il paraît que les trésors ne sont pas toujours indiqués par un X. Qu'ils aillent dire ça à l'industrie du porno.
Mais au final rien du tout. Pas même le plus petit vendeur de souvenirs. Ni tour eiffel en plastique chinois toxique, ni carte routière, pas même périmée depuis dix ans. Je n'avais de toute façon pas pris de monnaie pour le péage. Et c'est bien connu qu'ici les autoroutes sont défectueuses. Désastreuses même ! Des trous, des nids poules et d'autruches, des dos de chameaux... Impraticable si on n'a pas un permis spécial.
 
Et toujours pas de nom. Pas de soleil non plus. Pas de nuit. Pas d'idée. Pas de mot. Le froid par contre. Et le vide immonde qu'on ne peut plus remplir quelque soit le combat mené. Je dirai... tant pis. On finira bien par s'habituer. Il faudra bien.
Alors de nom, je ne vous donnerai que celui que j'ai ramassé au hasard dans le fossé où je me suis réveillée un matin.
 
Prochaine étape : retrouver ma voix, ou une autre...

Publié dans Chronique du vide

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