Go suck a dick

Publié le par nobody's listening

"Et tu prends toujours tes médicaments.

_Non. Suis un petit peu à la fin. Ca fait plus d'un an.

_Je suis sûr qu'aujourd'hui tu regrettes.

_Je vois pas pourquoi.

_Autruche autruche autruche !

_C'est toi l'autruche ! Ils avaient un sale goût ses trucs en plus.

_C'était des gellules !

_Elles avaient un sale goût jte dis merde ! Un goût de maladie, de maladie que tu peux pas soigner mais que faut quand même prendre des médicaments pour soigner l'angoisse des gens autour de toi, mais toi ça te fait rien. Rien du tout. Rien que trembler de partout, avoir chaud et froid en même temps et puis collectionner les ordonnances. Mais ça fait rien. Ils avaient le goût de l'hôpital où tu finis par atterrir tellement on peut pas guérir la maladie pour laquelle tu prends des médicaments. Alors on t'envoie dans un hôpital pour en prendre d'autres et encore d'autres et encore et encore. Là bas où les murs sont blancs les gens sont blancs les meubles sont blancs et même ta tête elle finit par être blanche et y a plus rien de temps parce que tu n'as pas le droit à la couleur, jamais la couleur. Juste la couleur des gellules pour pas confondre celle du dîner avec celle du goûter. Ils avaient le goûts des gens aux joues collantes, tellement collantes qu'ils restent collés à toi tout le temps. Et ils veulent être ton ami qu'ils disent. Et même si toi tu veux pas ils s'en foutent. Ils s'en moquent. Et ils te collent encore et encore et ils veulent la bise. La bise sur leurs sales joues gluantes de sales gens collants. Ils avaient le goût de la solitude. Celle où tu finis toujours pas te retrouver à partir du moment où tu prends des médicaments parce que si tu prends des médicaments les gens ils ont pas besoin d'être là à part pour te demander si tu as bien pris tes médicaments. Ils avaient le goût de l'amertume. Parce que même toi à force tu finis par plus savoir si tu en as vraiment besoin de ces trucs. Si tu es vraiment malade. Si ça fait vraiment quelque chose. Ils avaient le goût des diplomes accrochés sur les murs des pièces blanches. Comme si tu en avais quelque chose à faire du tampon de leur école pourri quand tu veux juste vomir ton cerveau. Ils avaient le goût de l'inutilité pure et simple. Parce que tu vois, même après deux ans, ça fait toujours mal dedans. Les pilules, c'était qu'une foutue anesthésie qui aurait déconné et que je serais mort pendant longtemps. Tu finis juste par te réveiller dans un coma tout plein de coton parce que tu sais plus, parce que y a deux ans de ta vie qui sont passés comme ça et tu les as même pas vus, tu t'en souviens à peine. Et le pire, c'est qu'après ça, tu as encore mal. Encore et toujours. Alors à quoi ça servait l'anesthésie généralisée jusqu'à la pensée si au final j'ai encore mal ?"

 

Le temps passe, mais on en revient encore et toujours au même point.

Quelque part par .

 

Publié dans Les aiguilles en moins

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