6h10 La cheville a craqué non ?

Publié le par nobody's listening

 

 

Les étoiles s'étaient écrasées quelque part on ne sait où. Le marchant de sable avait observé leur chute. Il savait bien que ce jour viendrait. Il flottait dans l'air ambiant l'odeur des nuits qui n'en finissent pas. Le temps semblait s'effilocher à l'infini, se distendre à l'envie. Mais lui n'avait plus envie de rien. Quelque part planait encore le souvenir des grands vides correctement tranchés dans l'air. De là à dire qu'aucune autre solution n'était viable, le chemin n'était pas très long.

 

Ce qu'on ne voulait pas voir, c'est que sans étoile pour éclaire le chemin en question, les choses ne seraient plus aussi simples.

 

Cette nuit-là, le marchand de sable les sentaient encore. Les araignées s'accrochaient à sa peau. Comme si elles n'avaient nul part ailleurs. Elles réclamaient ces lieurs pour nouveaux territoire. Elles étaient ici chez elle et déjà l'épiderme du marchand de sable se détraquait. Les terminaisons nerveuses correspondantes ne répondaient plus à l'appel. La mécanique si précise de l'homme des nuits ne voulait plus fonctionner correctement.

 

Il devait y avoir quelqu'un cette nuit-là dans l'atelier. Dans son atelier. Il sentait sa présence cachée. Il y avait forcément quelqu'un là, dissimulé. L'atmosphère ne pouvait pas avoir un tel poids d'elle même. Le marchand de sable sentait bien qu'on l'observait. Quelqu'un était là.

 

Oui, quelqu'un était là.

Mais pas la bonne personne.

 

Qui, cette nuit, a fait dégringolé les étoiles ?

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