3h05

Publié le par nobody's listening

C'est l'heure des chimères. L'heure des amalgames faciles et des raccourcis plein d'espoirs. L'heure où tout est possible et où pourtant rien ne marche. Pas qu'on ait pas essayé. C'est plutôt qu'on a trop tenté.

 

C'est l'heure où je voudrais n'être qu'un lettring. Un immense tissu épidermique de mots abscons. Parce qu'à cette heure-ci on sait pas ce que veut dire abscon mais on trouve que ça sonne drôlement bien.

 

C'est l'heure où j'aurais plus envie de m'écrire dessus que sur papier. C'est pas de ma faute si faut que ça soit plus organique.

 

C'est l'heure où on revient toujours à la case départ. A se dire "pourquoi" "et si" et autres joyeusetés qui permettent de reculer le moment où on se jetera à l'eau. L'heure où je me permets d'ajouter que toute façon j'ai pas de maillot de bain. na.

 

C'est l'heure où on recule un peu plus contre le mur pour ne pas sentir le vide nous lécher les pieds. Il faut serrer les dents et faire comme si de rien n'était. Tâcher d'ignorer le sang qui bat aux tempes et les veines qui ressortent en bleu turquoise sous la peau. Même que quand le sang passe dans le coeur, il passe du bleu au rouge. Parce que c'est l'heure où les images décontextualisées reviennent à la surface voyez-vous. On trie mais on ne jette pas. C'est pas l'heure où on arrive à savoir ce qu'il faut garder ou non. Surtout que c'est jamais rien que des fragments insignifiants d'iceberg aux deux tiers immergés je le rappelle.

 

C'est l'heure où dans le cerveau ça fait album photo. Je compulse anecdote après anecdote. Mode aléatoire ou presque. Alea jacta est. Ou presque.

 

C'est l'heure où normalement les monstres sortent. Mais on dirait qu'aujourd'hui ils font la gueule. Paranoïaque les cherche le long des murs. J'ai beau lui dire qu'il faut faire comme si rien n'était elle écoute pas. Quelle conne.

 

C'est l'heure où on se dit que ça serait bien de réveiller quelqu'un. Ouai franchement ça serait bien. L'heure où on parcourt mentalement le champ des possibles. Les secondes où on raye les noms les uns après les autres. Parce que c'est jamais l'heure de réveiller les gens.

 

C'est l'heure où je remarque le nombre invraissemblable de cheveux sur l'oreiller. A se demander comment je fais pour ne pas les voir le reste du temps... L'heure où je tente de me souvenir si j'ai arraché ou pas. Pas que je sache... Vérification rapide du reste de l'anatomie et pas trace de nouvelle griffure depuis hier. C'est l'heure où je dis un truc du genre "nous sommes en progrès" et c'est l'heure où personne ne répond. Salopes.

 

C'est surtout l'heure où je fais sans. Pour tromper l'ennui je machine ensemble des bouts de racontards que les peluches avaient gardé pour elles. C'est l'heure des révélations, des vérités qu'on ne voulait pas voir ressurgir. Pour éviter l'angoisse je couds des morceaux de vide entre eux.

 

C'est l'heure d'apprendre à se débrouiller tout seul. C'est l'heure des chansons qui meurent dans la nuit. C'est l'heure des choix qu'on regrette. C'est l'heure des questions sans réponse et sans personne pour y répondre. C'est l'heure où on compte les fissures. C'est l'heure où je me demande à partir de quelle heure il me faudra admettre que je ne dormirai pas de la nuit.

 

Et exceptionnellement c'est l'heure où un con frappe comme un taré à mon volet parce qu'il a oublié son passe....

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