32, 188, 232... éphémère.

Publié le par nobody's listening

Il est arrivé un moment où il n'y avait plus rien à compter. J'avais semble-t-il fait l'inventaire d'après tout ce qui se trouvait à porter de main de vue d'ouïe.

 

On m'a dit de compter les moutons car les moutons sont infinis. Seulement voilà, la vérité c'est que tout est éphémère. Même des moutons qu'on invente pour passer le temps. Alors moi je ne compte plus les moutons. Je compte le bruit qu'ils font quand ils tombent raide mort sur le plafond.

 

Le plafond aussi j'en ai fait le tour. Le nombre de lattes n'a pas changé depuis toutes ces années. Il est bien resté le même. Irrévocable. Des fois j'espère, je me dis "quelque chose va changer". Mais n'ayant absoluement aucune notion du quelque chose en question, rien ne change jamais. Comme quoi même l'Ephémère c'est éphémère.

 

J'aurais pu compter les nuits certes. Mais ça reviendrait à compter les jours où on rate le bord du trottoir. Vous vous souvenez vous de tous ces jours où vous avez manqué le bord du trottoir ? Y a beaucoup trop de trottoirs dans le monde pour tous les répertorier. Faudrait voir à compter, un jour comme ça pour voir.

 

Et puis, m'est venu L'idée. De ces idées qu'on a à 3h du matin et qui paraissent lumineuses au fond de la nuit. C'était pourtant évident. L'infini était bien plus proche : j'ai la chance d'avoir sur la tête une chevelure des plus imposantes. Ainsi donc j'allais pouvoir compter mes cheveux.

 

Dès lors il me fallait concevoir une méthode claire et précise qui permette de limiter au maximum le risque d'erreur. Il s'agissait de compter chaque cheveu. Chacun possédant sa propre identité. Et puis, à quoi bon compter si on sait dès le début qu'on ne trouvera pas le bon résultat ? Voilà qui serait pure perte de temps. Et on ne va pas perdre indéfiniment comme ça. Ephémère tu m'aides ? 

 

Protocole mis en place : attacher le plus grand nombre de cheveux possible afin d'isoler une seule et unique mèche. Nouvel inventaire... 4 pics à cheveux, 5 élastiques larges, une pochette contenant une centaine d'élastique en plastique de couleur, 1 serre-tête, 2 bandeaux. Plus de barrettes ? Ah...  2 brosses, 3 peignes, 2 sèche-cheveux. Mais on en aura pas l'utilité normalement.

 

Le matériel soigneusement étalé sur le lit, je restai là comme une andouille. Ephémère qui soufflait à mon oreille "et maintenant ?".

 

2 lames, 1 paire de ciseaux, 0 cheveu au réveil.

Publié dans Chronique du vide

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Haku 08/08/2011 09:25


C'est bien la chute que j'imaginais, tu l'as bien amenée (je pensais pour ma part à arracher chaque cheveu un à un, je suis sadique)
Beau texte sur un thème pas très beau mais que tu rends bien...
J'aime beaucoup la phrase "je compte le bruit qu'ils font quand ils tombent raide mort(s) sur le plafond"
Bon courage pour tes nuits blanches...


nobody's listening 08/08/2011 21:59



Merci ^^


J'ai aussi pensé à l'arrachage, mais c'est pas la même symbolique et ça requiert pas les mêmes choses à metter dans le texte :) Les ciseaux me paraissaient la meilleure solution.