22h03 étincelles éparses restantes

Publié le par nobody's listening

La nuit commence tôt aujourd'hui.

C'est peut-être celle d'hier qui n'a pas eu le de finir.

Comment elle a fait ? Elle a eu autant de temps que les autres pourtant.

Elle a dû prendre du retard sans doute. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Comment je pourrais savoir moi ? 

Je sais pas.

 

Ca fait mal.

Ca fait toujours mal.

 

Il faut écraser resserer écrabouiller ratatiner rétrécir étriquer corseter... Oui c'est ça. Comme dans un corset. Comme un corset qu'on sert de plus en plus fort. Jusqu'à en étouffer. Jusqu'à ne plus pouvoir défaire les liens.

 

Attaché je veux pas ça fait mal et on peut plus bouger. Attaché sans respirer. On a volé l'air. On a volé l'air toujours on a volé l'air. C'est trop serré. 

 

Serrer les liens sans jamais s'arrêter pour faire le noeud. Jsqu'à entendre les os craquer. 

 

Mais on les entendait déjà craquer avant.

Non ça c'était le bruit des spasmes. il faut pas confondre. 

 

Pas confondre avec le bruit de la pendule qui refuse de fonctionner. Pas confondre avec le bruit du temps qui s'écrase.

 

Avec tout le bruit du silence qui s'installe.

 

Il part où dites ? Je voudrais savoir où il part.

Loin très loin. Quelque part où tu paux pas l'attraper. C'est trop loin pour toi. A chaue seconde il est plus loin. Trop loin pour toi.

 

Et ça fait un mur de plus. Un qui respire et c'est un mur qui n'entend pas comme tous les autres.

 

On pourrait appeler ?

 

J'ai appelé mais j'ai beau crier on m'entend pas. On n'entend rien. Et même moi j'entends plus. J'ai les oreilles tellement pleines de silence que les tympans m'en dégoulinent sur les doigts.

 

La nuit commence tôt ce soir. Les monstres sont en avance et les placards débordent.

 

Elle fait mal cette nuit-là. J'aurais voulu qu'elle n'arrive jamais. 

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