1h50 La théorie des cercles métriques

Publié le par nobody's listening

Le cercle n'était donc pas parfait. Le cercle s'est brisé. Et l'oeil s'est retrouvé mis à nu. Comme ça seul dans le vent. En plein courant d'air. Sans rien sans personne. L'oeil a regardé partout. Mais le cercle fendu faussait la vue d'ensemble. Plus rien d'accessible. Plus rien pour lui pour personne. Le cercle ne pouvait pas ainsi continuer.

Alors l'oeil abandonné de nouveau sans défense voulait savoir à quoi tout ça rimait. Pourquoi pourquoi ? Il avait cru trouver là une solution. L'oeil y avait cru. Mais le cercle s'est brisé et l'oeil ne voit plus rien. Quelle différence il y a entre avant et après ? Entre maintenant et le cercle ? Si ce n'est juste un bref sentiment de sécurité ? Une impression diffuse à l'arrière de la rétine qui s'étend le long du nerf optique  ?

Encore l'oeil a voulu mais les cellules s'effritent les unes après les autres. L'oeil perturbé par l'étrange manèeg a voulu hurler à la trahison. Mais dans le fond il ne comprenait que trop bien. Le cercle n'est plus et il en est le premier attristé. Et s'il ne pleure pas c'est uniquement parce qu'il y verrait encore moins bien.

Et le cercle dans tout ça ? Un suicide peut-être. Peut-être que porter l'oeil à lui tout seul c'était trop dur. Peut-être qu'il s'est rendu compte qu'il n'avait fait que mentir tout ce temps-là. Alors le cercle en a fini. Une bonne fois pour toute.

Un suicide c'est toujours ça en moins.

Jusqu'à ce que l'oeil trouve un autre cercle. Jusqu'à ce que l'oeil ne veule plus aucun cercle.

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