1h My spot

Publié le par nobody's listening

9m² ça peut paraître incroyablement grand mîne de rien. Toi en moins dedans et je me retrouve avec des hectares entiers d'absence à combler. 

 

Tu n'es pas là, alors tu ne sais pas que depuis deux jours il y a une ampoule dans le couloir  qui joue les guirlandes de Noël. Quand je passe en dessous, je me dis que comme les lumières sont à détection de mouvement, il doit y avoir une mouche de coincée dedans. J'imagine comment elle finira épileptique puis catatonique. Et quand je reviens dans la chambre je suis déçue, parce que tu n'es pas là pour que je te raconte cette incroyable histoire. 

 

Dans la "salle de bain", la tablette est vide. Parti le produit à lentille et les quatres boîtes pour ta lentille. Quatre boîte pour une lentille... Un jour il faudra quand même que tu m'expliques cette étrangeté mathématique... Avec Mochi nous avons nommé cela le Paradoxe Arithmétique Occulairement Bambilien, autrement connu sous le doux de PAOB. Il te passe un coup de patte d'ailleurs. 

 

Il reste les peluches qui attendent bien tranquillement sur l'étagère. Mais il y a comme un décalage, un quelque chose d'anormal. Elles ont les sourires des têtes de clown dans les films d'horreur. Elles doivent se demander où tu es parti. 

 

Comme toutes les nuits depuis le début de l'année, je dors sous un poster de Tron, mais sans toi pour dormir avec moi ça n'a absolument plus aucun sens. 

 

Demain on change la page du chat et tu ne vas même pas le voir. Ca va faire bizarre d'opérer ce mini pseudo rituel du dimanche seule. C'était ton tour cette semaine. 

 

Sans toi ici j'ai l'impression d'être une intruse. Comme dans les histoies quand les personnages rentrent dans des maisons qui paraissent inhabitées mais en fait non. Ils fouillent partout, dans les moindres recoins pour en débusquer les secrets. Jusqu'à ce qu'on les trouve et qu'on leur fasse peur en menaçant de les tuer d'une façon ou d'une autre. 

 

Dans l'armoire, même ton appareil photo a l'air de vouloir se cacher. On dirait presque une pièce de musée. On mettrait en légende juste en dessous un truc du genre "spécialité : le tuyau sauvage dans son habitat naturel (ou pas)". Au fait, dans l'armoire tu as laissé tes chemises, au cas où tu les chercherais.

 

Pour l'instant, je dors toujours contre le mur. Quand je m'en décale trop, la mémoire épidermique signale que là il devrait y avoir ta jambe, ta main, mon spot. Putain de saloperie de mode conditionnel. Et tu n'y es pas. Putain de saloperie de présent de vérité. 

 

Tout paraît horriblement silencieux sans toi. Ils me manquent les trois ronflements qui annoncent que ça y est tu es parti. (oui tu as l'organisme aussi précis que ça, les montres suisses peuvent retourner au labo de développement à côté...) Ils me manquent aussi les marmonements endormis. Tu as dû en des brevets nocturnes depuis le temps.... La nuit porte conseil est un concept que tu sembles avoir bien intégré. 

 

En toute logique, je ne peux pas non plus compter tes respirations pour pouvoir m'endormir. Vide numérique. Retour du PAOB sous une autre forme. Avec Pile-Poil on a développé le théorème au possible. 

 

Tu veux savoir ? Je me rappelle des conversations des filles, je sais plus si c'était le collège et le lycée.. Mais je me rappelle très clairement qu'elles voulaient quelqu'un pour se marier. Enfin pas toutes hein, pas de généralisations foireuses... Mais je crois bien que j'étais la seule à dire que je voulais quelqu'un avec qui dormir. En réponse j'avais le droit au regard bizarre comme si j'avais sorti une énormité. 

 

Mais en fait, qu'est-ce que ça peut foutre une bague quand les nuits peuvent changer de couleur et de musique ? 

 

Elles vont être longues, toutes ces nuits qui restent. 

Commenter cet article