Pas de grand blabla...
Fermeture de ce blog, migration vers un vrai site tout beau tout propre que le geek m'a aidée à mettre en place ! (un grand merci à lui)
On se retrouve là bas les gens !
Pas de grand blabla...
Fermeture de ce blog, migration vers un vrai site tout beau tout propre que le geek m'a aidée à mettre en place ! (un grand merci à lui)
On se retrouve là bas les gens !
Donc pour pas changer des habitudes si chères à l'université, la fin de semestre se fait en catastrophe. Hier j'ai hiberné à la BU. Mais je vous raconterai ça ultérieurement. (non parce qu'elle est vraiment immensissime cette BU ! Faudra en faire un live report je crois) Je viens ici exposer à mes quatre visiteurs l'humanité toute entière les dessous de l'université. Et je peux vous le dire ça va chier dans le ventilo.
Le plus grand mensonge de l'université est comme le titre l'indique, gentiment empreinté à monsieur Goldman (oui je suis en phase "c'était mieux avant" donc j'ai des souvenirs de mon père sur le chemin des vacances qui essaient de chanter Envole moi mais ça monte beaucoup trop haut pour lui et on se marre), est bien de crier sur les toîts qu'il n'y a pas de sélection pour pénétrer en ces murs.
Et c'est vrai que ça a un côté facilement accessible. Ton bac en poche tu peux prétendre t'installer sur les bancs de n'importe quel amphi quelque soit la couleur du bac en question. Une fois payés les 400 euros de frais d'inscription cela va sans dire. Et oui la sécu ça coûte cher ! Jusqu'à tes 20 ans on t'épargnera de la payer donc tu pourras t'en tirer pour 150euros seulement. Aller souris ! Si t'as sauté une classe tu pourras bien avoir ta licence avant tes 20 ans !
Bien entendu ami lecteur, tu me diras, il y a des bourses qui existent. Certes certes. Mais je vais t'enseigner un autre fait petit scarabée fraicheur fraise des bois : c'est toujours les mêmes qui ont les aides et de toute façon il faut bien mettre la barre quelque part. Comme Mr La-moutarde-me-monte-au-nez nous le disait en cours d'SES "comment justifie-t-on l'endroit où l'on met la barre ? Car ceux qui sont tout juste au dessus de la barre auraient quand même besoin de l'aide en question toutefois il faut quand même mettre une barre." J'étais en 1ère et je ne voyais pas encore très clairement ce que ça cela signifiait. Alors maintenant je vous traduis ce que ça veut dire : être à peine échelon 0, statut que vous obtenez ou pas selon les années et les ajustements faits par l'Etat français (pour ceux qui ne parlent pas ce langage : échelon 0 = exonération des frais d'inscription) et environ 30euros d'allocs logement. Tu auras beau avoir fait attention l'argent durement gagné durant ta saison sera parti avant même que tu ais fait tes cadeaux de Noël. Tes parents t'aideront comme ils pourront mais bon ton père c'est pas Steve Jobs (ce qui est quand même une bonne nouvelle parce que ça veut dire qu'il est encore en vie). Du coup, rendu en mars, il va te falloir te serrer la ceinture. Et oui, car quand on mange une fois tous les deux jours on maigrit. Environ 10kg en un mois. Ca va vite !
C'est un kiff de tous les instants tu verras. Et puis les barmans adorent qu'on paye sa bière à 3 euros en pièce de 10 centimes. C'est une joie de voir des gens de ta fac ou ta cité U être échellon 6 (= max de bourse et d'allocs) qui ne font même pas acte de présence en cours alors que toi à côté tu te galères et la fin du mois tu manges pas. Awesome !
La sélection se fait par ta capacité à trouver de la nourriture (ou à survivre de n'en avoir pas trouvé) et un logement.
Mais revenons à l'université elle-même car après tout elle n'est pas responsable du fait que tu n'ais pas d'argent.
Quand tu poseras les pieds dans ta nouvelle petite université chérie, on va te rabacher les oreilles avec le taux d'échec qui est en moyenne à 80%. (si ça c'est pas une sélection déjà je sais pas ce que c'est) Tes professeurs seront hautement navrés de voir pareils résultats et voudront à tout prix que cette année soit l'année qui change totalement le visage de la fac. Sauf qu'il n'y a pas assez de place dans l'amphi pour tout le monde. Resterons en deuxième année ceux qui auront accepté d'écrire sur leurs genoux. Les emplois du temps changent et trois classes ont cours dans la même salle. Resteront ceux qui auront accepté de faire trois fois le tour de la fac pour trouver la bonne salle. Resterons ceux qui auront accepté de lire les livres. Resterons ceux qui sauront faire face à de pareilles situations :
Le tout sans s'arracher les cheveux, se mettre debout sur sa table d'amphi et hurler aux scandales suivi par tous ses camarades en colère. Enfin tout dépend des amphis, certaines tables ne seraient pas vraiment d'accord... Et puis il faut se méfier de la fameuse solidarité étudiante.... c'est pas toujours très fiable.
Ah oui et survivront ceux qui iront voir ailleurs qu'en cours parce que certains profs (et c'est triste à dire) racontent vraiment de la MERDE. A se demander s'ils comprennent ce qu'ils racontent... Exemple de perle du jour : "Les thématiques du théâtre au 19ème sont ancrées dans le social. Mais elles trainteront aussi de sujets sociaux". Je ne cite personne. Surtout que je peux même plus l'appeler Mme Garde-robe-unique parce qu'aujourd'hui, elle en avait une nouvelle.
PS : non la dernière photo n'est pas HS.
Citation du titre : Jean-Jaques Goldman - C'est pas vrai
Il est quelle heure ?
Je ne sais pas.
1h J'ai pas sommeil
2h J'ai pas sommeil
3h J'ai pas sommeil
Ca a touché la peau. Ca a fini par toucher la peau. On avait bien dit qu'il fallait pas que Ca touche la peau. Jamais en aucun cas Ca ne devait toucher la peau. Comment on fait maintenant ? On est foutu maintenant.
Il est trop tôt pour s'emballer, beaucoup trop tôt.
Tu dis ça mais tu ne sais même pas quelle heure il est ! Retourne au silence ! Tu vois bien que les fourmis sont déjà sorties ! Tu sais ce qu'il se passe après, ce qu'il finit toujours par se passer après... Je ne veux pas revivre tout ça. Tu sais quelles douleurs arrivent après. Tu sais comment on ne peut pas s'en tirer. Tu sais comment on reste coincé figé incapable de lutter. Incapable de les repousser. Comment ils bouffent tout ce qu'il reste de conscience viable. Comment tout ce qui pouvait encore prétendre tenir debout s'effondre une fois qu'lls sont passés. Tu sais comment ça fait mal bordel mais tu le sais bien non !
Ils te passent
se lassent
t'assujetissent
Tes nuits glissent, se suivent.
Leurs sangs s'unissent sans saveur,
ton sauveur
Effervescente absence
VOUS N'EXISTEZ PAS
Et on se retrouvera encore dans la pièce blanche avec la pendule qui égraine les minutes pendant lesquelles tu DOIS dire quelque chose même si tu n'as rien à dire et que tu vas sortir. Et puis il y aura l'homme ou la femme avec les lunettes et les diplômes collés au mur et les livres plus ou moins bizarres dans la bibliothèque derrière.
Et quand on verra les livres, même nous, nous saurons qu'on ne peut pas leur faire confiance. On ne peut pas faire confiance à quelqu'un possédant de tels livres.
Viendront les questions auxquelles nous ne pouvons pas répondre même en s'épuisant pour trouver la réponse.
"Que pouvez-vous me dire sur cette histoire de viol ? Qu'avez-vous envie de dire ?"
Comment sommes-nous sensé être capable de pouvoir dire quoique ce soit quand aucun souvenir ni aucune preuve ne viennent étayer quoique ce soit ? Dans un sens comme dans l'autre. Inconscient mon cul oui ! Patient plus longtemps surtout... On ne peut pas avoir confiance en quelqu'un qui gagne sa vie sur la souffrance de son prochain. Et puis t'as bien vu, ils entretiennent encore et toujours.
If it was an accident why couldn't I play ?
Ca ne peut pas recommencer. Nous ne pouvons pas laisser Ca recommencer. Il va falloir lutter. Encore. S'épuiser jusqu'à la moëlle, se creuser les os, s'éclater la rétine et se démonter encore une fois. Parce qu'on a pas trouvé la dernière fois. 200 pages de mots n'ont pas suffi à trouver la réponse. A peine une hypothèse. Le raisonnement est invalide. Nous ne pouvons laisser les choses s'effriter.
Alors éreintons nous.
C'est plus facile d'agir à l'usure,
Les sens s'aiguisent,
L'âme se libère,
Les craintes s'enlisent
Et s'étouffe la colère.
Il ne nous reste rien d'autre qu'épuiser le système jusqu'à sa propre mort. Autodestruction parce que rien d'autre n'a jamais aussi bien fonctionné. Soufflez un grand coup, prenez une grande inspiration. Car d'ici quelques nuits nous pourrons tourner la 189ème page. Et ça sera même pas grave. Ca devait juste arriver. Ca ne recommancera pas. Et puisque Ca ne peut pas se porter à plusieurs sans renfort de LCD, nous garderons le secret.
Ce qui appartient à la nuit reste à la nuit.
And the breath to stop fighting
And the cold to close her eyes...
TODAY IT'S HUNGER STRIKE
(listes des citations dans l'ordre : Enhancer - Pas sommeil / Eths - Lemniscate / Emilie Autumn - 306 / Mypollux - Plus à même / Emilie Autumn - 306)
"J'ai vu les images."
C'est tout ce qu'on avait pu obtenir de la femme. Depuis deux semaines déjà qu'elle était, c'était sa réponse à n'importe quelle question. Elle restait là, assise à la table, les mains posées sur sa genoux, les yeux dans le vague. Aucun tremblement, aucune hésitation. Juste cette phrase qui revenait inlassablement. Un mot de passe vers un monde dont on ignorait l'entière cartographie. Ils se relayaient, et chacun à sa façon essayaient de comprendre comment on avait pu en arriver là. Mais tout ce qu'ils obtenaient était cette énigmatique réponse.
On esseya tous les stimulis possibles. Aucun ne sembla avoir la moindre efficacité. Aucun ne sembla l'atteindre plus qu'un autre. Les questions se succédaient, sans succès.
"Savez-vous pourquoi vous êtes là ? "
"Savez-vous où vous êtes ?"
"Avez-vous eu peur ?"
"Êtes-vous en colère ?"
"Avez-vous peur ?"
"Vous avez bien dormi cette nuit ?"
"Quel est le dernier film que vous ayez-lu ?"
"Êtiez-vous en colère ?"
"J'ai vu les images."
Rien, jamais rien d'autre. Les jours défilaient. Et déjà en haut lieu on tapait du point, brandissant la menace des électrochocs. On répondait aussi courageusement que notre statut le permettait qu'on ne pouvait pas, que c'était trop dangereux, qu'on allait lui briser le cerveau en petits morceaux carbonisés. Et qu'au final, on ne saurait même pas. Alors on s'entendit répondre que sans doute ne saurait-on jamais pourquoi, alors autant en finir. On avait déjà perdu beaucoup trop de temps avec cette histoire. Perdu trop de temps avec une femme qui semblait avoir réussi à se cacher la vérité à elle même. Alors il fallait fallait passer la vitesse supérieure.
Mais on ne pouvait pas se résoudre à passer à l'acte de suite... Alors on insista.
"Savez-vous pourquoi vous êtes là ? Il faut nous le dire si vous le savez.
_J'ai vu les images.
_Savez-vous où vous êtes ?
_J'ai vu les images.
_Il faut nous dire où vous êtes.
_J'ai vu les images.
_Il faut que vous sachiez où vous êtes."
Ses lèvres se relevèrent dans un bref effort, dessinant au passage le fantôme d'un sourire qui ne serait plus jamais lui même. On ne savait comment interpréter cette réaction. Ce n'était pas la première fois. Mais elle ne correspondait à rien que l'on pouvait précisément nommer. On finissait par rester nous-même figés, à nous demander si elle savait seulement que nous étions là. Si elle savait combien d'entre nous l'entouraient aujourd'hui. Si elle en avait repéré certains parmi nous. Si elle préfèrait l'un ou l'autre de nous.
Seuls les registres permettaient de savoir combien de temps passait. La salle ne permettait aucun repère de ce genre. Et nous même finissions par perdre pied. On ne savait pas vraiment ce qu'il fallait trouver. On ne savait pas sur quoi on pouvait tomber. Le pire comme l'insignifiant. Et l'espace infini entre ces deux possibilités commençait de nous terroriser sans que l'on puisse savoir pourquoi. Quelque chose allait finir par sortir. Et il nous était impossible d'estimer quoique ce soit de la nature du résultat.
C'est alors qu'il se mit à genoux devant elle, afin d'avoir son regard à hauteur du sien.
"Vous ne savez pas pourquoi vous êtes ici n'est-ce pas ? Le fait est que nous non plus. Mais aucun de nous ne pourra sortir si vous ne répondez pas. Si vous ne nous expliquez pas. Qu'avez-vous vu ?"
Ses yeux revinrent une brève seconde du vague dans lequel ils s'étaient retrouvés prisonnier toutes ces journées durant. Ils tentèrent de se relever et de se fixer sur lui. Mais c'était un effort trop violent après toute l'inactivité qu'ils avaient connu. Aussi échouèrent-ils et retombèrent dans le vague. Mais on avait tous pu voir la réaction. On savait alors, que les vannes allaient s'ouvrir et qu'une chance existait pour que nous soyons emportés par le courant. Déjà, sa voix avait perdu de sa netteté, et un léger tremblement commença de se faire entendre.
"J'ai vu les images...
_Si vous ne me dites pas ce que vous avez vu je ne peux pas vous aider."
"Qu'est-ce qui vous permet de dire que vous pourriez m'aider ?
_Parce que vous n'avez nul autre choix.
_Vous n'avez pas répondu à ma question..."
"C'était votre fils ?"
Cette fois-ci ses yeux se redressèrent avec une violence dont on les croyait incapables. Ils se plantèrent dans ceux de l'homme, tentant de voir à quel point celui-ci était sérieux. On savait tous que la femme évaluait ce qu'il pouvait prendre et ce qu'il faudrait laisser de côté. Et quand elle sourit de manière nette et précise cette fois, on savait que la moitié de l'histoire s'était maintenant définitivement perdue lors du passage de la catatonie.
"C'était bien votre fils, n'est-ce pas ?
_Pourrais-je avoir un verre d'eau ?"
L'homme nous fit signe, et quelqu'un alla chercher le verre d'eau demandé. La femme le but en silence, l'eau glissai entre ses lèvres sans qu'une goutte ne se perde. Lorsqu'elle reposa le verre, on eut que toutes ces semaines n'avaient pas existé, comme si le temps s'était faussé. Son visage avait repris des couleurs, et même elle sembla s'en rendre compte. Alors comme pour écarter tout doute possible, elle posa la question suivante :
"Quand sommes-nous s'il vous plaît messieurs ?"
La demande était somme toute banale, mais ici elle sonnait comme une sirène d'alarme. Elle augurait quelque chose de terrible. Bien plus terrible que ce qu'on aurait pu imaginer en entrant ici. On l'avait prévu. Et pour se protéger d'un désastre qui arriverait de toute façon, horloge montre et autre calendrier avait été bannis de la pièce blanche où elle demeurait. Aucun d'entre nous n'avait la moindre idée de l'heure et de la date précis. On ne savait même pas s'il faisait jour ou nuit. Notre ignorance de ce fait aussi simple nous emplit d'angoisse. Depuis combien de temps était-on là ? Sachant qu'il fallait lui fournir une réponse au plus vite. L'homme fut le plus rapide à réagir.
"Nous sommes dimanche. Il est très tôt, près de 3h30 du matin.
_Oh, comment se fait-il que nous soyons tous ici si tôt ?
_Vous avez tué votre fils il y a près d'une demi heure de cela. A 2h58 très précisément.
_J'ai tué mon fils ? Pourquoi aurais-je fait une telle chose ?
_C'est bien pour cela que vous êtes ici. Nous voudrions le savoir.
_Pourquoi devrais-je vous répondre ? Qui êtes-vous pour poser de telles questions ? Qui croyez-vous être ?
_Je vous retourne la question. Qui croyez-vous être ?
_Je suis. Contrairement à vous je n'ai nul besoin d'en savoir plus. Mon existence même me suffit, je n'ai pas besoin de la définir d'une façon ou dune autre.
_Alors pouvez-vous simplement me dire pourquoi vous avez fait cela ?
_Je vous l'ai dit. Encore et encore je vous l'ai dit. J'ai vu les images. Et si vous les aviez vues aussi, vous ne penseriez même pas qu'il faille poser la question. La simple idée de la formuler vous paraîtrait nulle et non avenue.
_Mais je n'ai pas vu les images.
_Alors estimez-vous heureux.
_Ca ne va pas suffir. Pourquoi avez-vous faire cela ?"
Un silence lourd de hurlements captifs s'installa alors dans la pièce. Ce serait là notre dernier instant de répit. Le rire qu'elle lâcha finit de nous effrayer. Elle se leva, ses jambes pliant un peu sous l'effort mais néanmoins parfaitement sûres d'elles. Elle se dressa face à l'homme et avant qu'il ait pu esquisser le moindre gester elle l'attrapa au cou.
"Pourquoi cela ne suffirait-il pas ? Pourquoi aurais-je besoin de raison ? Vous croyez que je n'ai pas compris ? Je l'ai tué certes et il ne me viendrait jamais à l'esprit de le nier. Je l'ai tué de sang froid et en connaissance de cause. Mais ce n'était pas mon fils. Absolument pas. Vous n'avez rien compris et vous avez inversé une histoire dans laquelle vous n'aviez nulle place. Si vous tenez tellement à un lien de filiation, je suis sa création. Je suis née de ses fantasmagories. Il m'a fait avalé tout ce qu'il a pu de cauchemars de remors et de culpabilité. Et me voilà ! Voilà le résultat ! Voilà ce qu'on obtient à force de planquer la poussière sous les tapis ! Des êtres comme moi ! Je les ai vues, j'ai vu les images ! Je les ai toutes vues, je les connais toutes par coeur tellement je les ai vues. Alors oui je l'ai tué. Je l'ai tué avec toute la force dont j'étais capable, toute la force qu'il m'a donnée. Je lui ai rendu le poison qu'il avait fait coulé dans mes veines toutes ces années et il en est mort. Il est le seul et unique coupable de sa mort. C'est un suicide ! Je n'ai servi que de relais ! J'était sensée mourir à mon tour, mourir en silence enfin et ne plus voir les images ! Et il a fallu que vous... c'était une erreur de votre part. Le risque était démesuré. Il est 3h30 du matin, plus rien ne peut m'interdire d'achever le travail que j'ai commencé. Il est 3h30, vous n'avez plus aucun droit, tandis que j'ai récupéré tout ce qui m'était dû."
Le reste se passa vite, trop vite pour qu'on ait le temps de comprendre la moindre chose.
Les caméras n'ont rien pu enregistré. Et tout ce que l'on retrouva dans la salle, fut les corps vides des hommes qui l'interrogeait. La femme, elle, avait disparu. Elle n'avait laissé comme seule et unique trace que l'inscription suivante :
I am alive.
Etant moi même encore vivante et puisque je vais pas passer le restant de ma vie à être en colère fasse à l'ignominie de ma famille et ce quelque soit le côté de la famille en question (ceci était de l'autopersuasion) (mes proches savent très bien que je ne décolère jamais, je change juste d'objet)(sinon ils s'ennuieraient, mes coups de gueule ayant fini par faire parti intégrante de leur vie baignée de silence apaisant et de musique de la petite maison dans la prairie), je vais donc faire un article drolesque. Surtout que c'est le 200ème sur ce blog (qui est toujours aussi moche depuis son premier jour mais bon, on change pas une équipe qui gagne) !
Aujourd'hui, je m'en vais donc exposer au monde comment c'est trop méga dur d'être une fille et comment les mecs des fois c'est trop méga cons. (à force d'insomnie mon âge mental est retombé à environ 15 ans)
En plus sérieux, je m'en vais vous parler d'une catégorie d'hommes joliment nommée "Lord of the Ringues" par ce cher Franck Zerbib (ex Wriggles pour ceux à qui ça mettrait la puce à l'oreille). Petit explication imagée :
Voici maintenant la charmante histoire qui m'est arrivée aujourd'hui :
Le monde est beaucoup mais vraiment beaucoup trop petit
ou
Le sprint de la mort
Ainsi donc, ce midi, je mangeais seule au RU (=restaurant universitaire = endroit où tu es sensé manger de la nourriture équilibrée pour pas cher = tu te retrouves à payer 3€ pour une assiette de riz avec des raisins secs dedans ou une assiette de frittes parce que tout le reste est trop zarbi) (j'explique pour ceux qui ont raté cette étape hautement émancipatrice de la vie qu'est la nourriture en collectivité). De façon plutôt drôle, je me suis retrouvée à une table avec... que des gens qui mangeaient eux aussi tout seul. Alors que j'entamais mon dessert un garçon de sexe masculin est venu s'assoir en face de moi. (les solitaires appellent les solitaires, c'est une règle universelle qu'on retrouve même dans des films comme "Lollita malgré moi")(film dont on apprécie bien plus les qualités cinématographiques sous l'influence maligne de la vodka)
Je mangeais tranquillement ma crème au caramel (avec la noisette dedans, mon kiff perso du RU) sans rien demander à personne (à part le pichet d'eau à la voisine de ma voisine) quand je réalisai que l'homme de sexe masculin mattait joyeusement mes seins. Et là c'est toujours un grand moment de solitude suivi d'une intense réflexion. "Il regarde quoi ? il évalue le poids de chaque glande mammaire ou il veut ce qu'il y a d'écrit sur mon T-shirt ? Je lui fracasse mon assiette sur la tête ou je lui fais avaler mes os de poulet ? Je cris direct au scandale ou je fais payer le droit de regard ?" J'optai finalement pour la combinaison suivante : regard qui tue - veste - écharpe - blouson -claquage du dessert sur mon plateau - départ avec toute la dignité possible. (pour les annales on pourra retenir que j'ai manqué m'étouffer avec les restes de ma crème)
Je quitte donc le RU et pars vaquer à mes occupations. Je pensais être tranquille et débarrassée de l'importun. Que voulez-vous, j'ai toujours été une grande naïve. Ceci dit, je crois que personne n'aurait pu prévoir la suite.
Je rentrai donc tranquillement à la cité U dans laquelle je vis. Cité U qui est à l'autre bout de la ville par rapport à ma fac.
Juste au moment où j'arrive à la porte de mon bâtiment, je me rends compte que j'avais mis mon chéquier dans mon sac dans le but d'aller payer mon loyer et non pour lui faire prendre l'air. Je dévie donc et remonte vers le bâtiment de l'accueil. Je vois au passage que j'ai du courier. Une ou deux personnes attendent devant moi. Je fouine dans mon mp3 quoi écouter quand le mec devant moi se retourne. Oui oui petit lecteur assidu tu as bien deviné. Il s'agissait bel et bien de l'importun mâle de sexe masculin.
Lui [tout sourire genre j'ai vu la vierge](oui cette métaphore est foireuse, je sais) :Oooooh ! Ca fait plaisir
Moi [grommelant] : ezigne^ngôin
Lui : Non parce qu'on a pas eu le temps de parler ce midi t'es partie vite
Moi : Bah j'avais fini de manger pis j'ai une vie
Lui : C'est super de te retrouver ! (non mais genre on est ami depuis la primaire quoi OO) Tu vis où ?
Aparté : je bug toujours quand quelqu'un de la cité U me pose cette question. Techniquement la chambre qui m'a été attribuée est au bâtiment B, mais comme je squatte intempestivement chez le Geek qui lui vit au G mon petit cerveau ne sait jamais quelle réponse fournir. Du coup j'ai répondu très intelligement la chose suivante :
Moi : E.
Lui : D'accord ! Bah moi je suis dans celui-ci tu vois ! Et tu t'appelles comment ?
Moi : êngzpngông
Lui : Moi c'est ..... (je sais plus) et tu fais quoi ?
Moi : Je viens payer mon loyer.
S'en suit un moment très étrange où je ne comprends plus rien à la conversation à part qu'il veut payer son loyer par carte et que c'est pas là. Je finis par comprendre que je peux donc lui griller son tour et filer au comptoir payer mon loyer et ainsi justifier mon "j'ai pas le temps plein de rendez-vous" comme réponse au "on peut se parler t'as du temps ? pour faire connaissance".
S'en suit la conversation suivante avec la madame de l'accueil
Moi : Serait-il possible tant que je suis là de récupérer mon courrier ?
Elle : C'est à 14h.
Moi : Il est 13h55 et je suis là pour payer mon loyer donc bon voilà...
Elle : C'est à 14h vous comprenez que si on commence à donner le courier pas à la bonne heure c'est l'anarchie.
J'ai fermé ma gueule et n'ai pas osé lui répondre que c'est sûr qu'avec cinq minutes d'avance sur l'heure du courier, c'est l'univers tout entier qui allait s'écrouler.
Je me pose donc et feuillette la "Lettre du CNOUS et du CROUS" qui traîne là en attendant que les cinq minutes en question passent. ERREUR FATALE ! Car l'individu masculin de sexe importun sort alors du secrétariat et fonce direct sur le fauteuil face au mien pour reprendre la conversation. Erreur encore plus fatale, j'étais en train de pester sur le CROUS via SMS au pépin de raisin sec. L'homme importun de sexe individuel commença donc à me filer son numéro. Je pianote au hasard des chiffres. Il épelle son nom. Je souris toujours bêtement en me disant que j'ai pas besoin d'aide je sais écrire Trou du cul dans au moins trois langues. Evidemment, il a fallu qu'il me demande le mien.... Panique totale pour trouver une façon de sortir de ce merdier. Quand la madame de l'accueil m'appelle pour me filer mon courrier (avec deux minutes d'avance je tiens à le signaler. Si l'univers se dissout ça sera sa faute).
Je me lève en trombe sans même m'excuser auprès de l'importun assexué masculinement. Je récupère mon enveloppe et file toujours en trombe espérant que ce vent (ou plutôt cette tornade) soit assez claire. MAIS NON. Le trou du cul en trois langues me colle aux basques et du haut des marches me crie "Ton numéro !!" ce à quoi je réponds un très fin et clair "Pas le temps pas envie urgence maman malade manger hamster" Sur ce j'ai dévalé l'escalier en courant, traversé la cité U et monter les quatre étages (du bâtiment G, pour le coup mon cerveau a pas planté) toujours en courrant parce qu'on sait jamais.
Tout ça pour que le pinguoin me sorte "t'avais qu'à dire que t'es en couple ! Ou lesbienne !". J'essairai la prochaine fois. Mais j'ai toujours préféré l'excuse de la crise cardiaque du hamster pour le côté glauque ou mon portable est tout neuf j'ai changé de numéro pis tu vois comme je suis blonde je le connais pas mais file le tiens je t'appelle dès ce soir. Parce que je suis brune mais que je fais bien ma blonde puis ma mère est formelle j'étais blonde à la base.
Non parce que là j'ai dû prendre une douche à 14h et changé de T-shirt en mesure de précaution. (Mes "T-shirts de concert trois tailles au dessus qu'on dirait qu'ils ont fait la guerre et d'ailleurs ils l'ont faite" comme dirait Bubulle me manque d'un coup OO)